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Le concept de la Fab City – version courte

Vers la version détaillée comprenant une analyse de ce que le concept de Fab City signifie pour Hambourg

Plusieurs tendances mondiales façonnent le présent : le changement climatique, le gaspillage incessant des ressources, les chaînes d’approvisionnement mondiales, la numérisation à l’échelle planétaire et un changement massif du monde du travail. Ces tendances se renforcent mutuellement, et la pandémie de Corona les a exacerbées depuis 2020. Dans le même temps, de plus en plus de personnes dans le monde s’installent dans les villes car les perspectives de trouver un emploi y sont meilleures que dans les régions rurales. Actuellement, 50 % de la population mondiale vit déjà dans des villes ; d’ici 2050, ce chiffre pourrait atteindre 70 %.

Cependant, les villes et les régions urbanisées n’ont pas encore réussi à fonctionner de manière durable : leur part d’émissions de gaz à effet de serre et de consommation de ressources est très élevée ; et elles sont les plaques tournantes de la consommation mondialisée et des flux de données mondiaux, qui consomment à leur tour de plus en plus d’énergie.

Mais il y a là une opportunité: alors que la communauté internationale a peu progressé en matière de diplomatie environnementale et climatique, il est beaucoup plus facile de fixer le cap d’un avenir durable dans les villes. Qui plus est, ce sont les endroits où des alternatives à la forme actuelle de la mondialisation, avec tous ses problèmes, sont déjà testées dans le monde entier. C’est précisément là qu’intervient le concept de la Fab City.

Pour faire simple, une Fab City est une ville qui fabrique de plus en plus tout ce dont elle a besoin et qui se consomme elle-même. L’objectif à long terme de l’initiative mondiale « Fab City » est d’opérer la transition vers une économie circulaire fondée sur des données sur le territoire d’une ville ou d’une région d’ici 2054. Idéalement, seuls les ensembles de données seraient alors importés et exportés – l’énergie, les matières premières, les matériaux, les produits semi-finis et les produits, en revanche, circuleraient, seraient recyclés et réassemblés au sein même de la ville.

Premièrement, elle serait écologiquement durable, car la ville peut gérer sa propre consommation de ressources tout en maîtrisant son empreinte écologique. Deuxièmement, elle serait économiquement durable car elle favoriserait la création de valeur locale et ne dépendrait plus des chaînes d’approvisionnement et de produits de base mondiales, dont la vulnérabilité aux perturbations a été récemment démontrée par la pandémie de Corona. Dans ce type de mondialisation, ce ne sont pas les grandes entreprises comme Amazon qui obtiennent les bénéfices, mais les acteurs locaux. Et troisièmement, elle serait socialement durable, car les citadins ne sont plus avant tout des consommateurs de choses produites ailleurs, mais sont plus proches de la création de valeur – ce qui renforce à son tour la cohésion sociale. En outre, la créativité de l’ensemble de la société urbaine peut se déployer dans une mesure sans précédent.

Le fait que la Fab City ne soit pas une pure utopie est dû à plusieurs évolutions. De plus en plus de matériel et de logiciels ouverts sont disponibles – ouvert signifie que la construction, les codes et l’utilisation sont librement accessibles à tous. Cela réduit de plus en plus les coûts d’acquisition des moyens de production et de plus en plus de personnes peuvent acquérir un savoir-faire technique. De son côté, la numérisation et la mise en réseau des machines permettent de fabriquer des objets de manière distribuée et décentralisée en fonction des besoins locaux plutôt qu’en masse sur quelques sites. Les ensembles de données pour la fabrication peuvent être échangés et adaptés aux besoins locaux. Avec les Maker Spaces, les Fab Labs et les Open Labs, les premiers prototypes de sites de production locaux ont vu le jour ces dernières années, où de nombreux acteurs peuvent participer à la production de choses. Et ces sites de production ouverts peuvent devenir le modèle d’une nouvelle infrastructure décentralisée dans toute la zone urbaine. En outre, les structures économiques existantes, notamment l’artisanat et les PME (petites et moyennes entreprises), peuvent avoir une relation synergique avec ce système de production.

Conclusion: en tant que Fab City, l’économie urbaine peut abandonner le modèle actuel PITO, pour « Products In – Trash Out » (importation de produits, exportation de déchets) et passer au modèle DIDO, pour « Data In – Data Out » (importation de données, exportation de données) (voir ci-dessous). L’économie de Hambourg peut en bénéficier énormément.

Dans les années 2010, un réseau de laboratoires ouverts, d’institutions de recherche et de petites entreprises a émergé à Hambourg, qui ont déjà acquis une expérience des développements mentionnés ci-dessus. Ils forment la communauté Fab City Hamburg, qui vise à promouvoir activement et à développer le concept dans les années à venir. Avec la fondation de la Fab City Hamburg e.V. en 2020, la communauté s’est institutionnalisée.

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Le concept de la Fab City – version détaillée

Introduction
Le passage à une économie circulaire basée sur les bits
De la transformation numérique à l’économie circulaire
Fondements scientifiques
Ce que cela signifie pour l’économie de Hambourg
Ce que cela signifie pour le développement écologiquement durable
Exemples pratiques
Champs d’action – Économie circulaire basée sur les bits

Introduction

Le concept de la Fab City est une réponse à plusieurs défis : Gaspillage des ressources, changement climatique, chaînes de production mondiales non résilientes, évolution du monde du travail et transformation numérique. Poursuivie avec constance, elle permet à Hambourg de ne pas s’attaquer à ces défis de manière isolée, mais de les résoudre pas à pas en réseau. Le concept de Fab City peut être ramené à l’objectif de réaliser une économie circulaire d’ici le milieu du XXIe siècle grâce à une fabrication numérique en réseau à l’échelle mondiale, qui soit à la fois écologiquement, économiquement et socialement durable. C’est un objectif ambitieux, sans aucun doute. Mais les moyens doivent être aussi radicaux que les circonstances l’exigent. Car l’internet des objets (atomes) entraînera des changements plus profonds que ne l’a fait l’internet de l’information (bits) que nous connaissons aujourd’hui : plus d’opportunités, mais aussi plus de risques qu’on ne le pense généralement. Il est donc d’autant plus important de disposer d’un plan valable.

Le passage à une économie circulaire basée sur les bits

Le passage à une économie circulaire basée sur les bits peut être résumé succinctement par l’expression « PITO to DIDO ». PITO représente l’économie d’aujourd’hui : Product In – Trash Out, c’est-à-dire produits entrants, déchets sortants. Cette situation n’est ni durable ni résiliente. Le graphique suivant illustre cette façon de faire:

PITO: Jusqu’à présent, les substances (atomes) ont circulé le long de chaînes d’approvisionnement mondiales.

Le modèle alternatif présenté par l’initiative mondiale Fab City s’appelle DIDO : Data In – Data Out, ce qui signifie: données entrantes, données sortantes. Cela signifie que seules les données (bits) circulent au niveau mondial, tandis que les substances (atomes) restent dans l’économie circulaire urbaine respective.

À l’avenir, les informations numérisées à l’échelle mondiale (bits) circuleront pour fermer localement les cycles matériels (atomes). Dans la bonne tradition de Hambourg, la ville hanséatique devrait s’assurer un rôle central en tant que point de transbordement (port/plateforme) en créant des capacités pour la co-conception de plateformes utilisées dans le monde entier pour l’échange de bits. Voir « Infrastructure numérique – Hambourg, havre de paix pour l’économie circulaire mondiale du XXIe siècle basée sur les bits », ci-dessous.

La fabrication numérique, en particulier, est déjà en train de révolutionner la production industrielle. Nous pouvons prévoir une tendance à la fabrication locale. La question n’est donc pas vraiment de savoir si la ville va fabriquer plus localement, mais plutôt comment. Plus précisément, qui possède ou contrôle l’infrastructure physique (micro-usines/laboratoires ouverts/laboratoires de fabrication) et numérique (plateformes) pour y parvenir. Devrait-il s’agir des opérations locales d’Amazon, de Huawei ou de tout autre méga-acteur unique? Qui fixe le cadre des plateformes sur lesquelles sont échangés les bits de la fabrication numérique locale?

Ce qui est clair, c’est que celui qui possède l’infrastructure a le pouvoir de décider du degré de centralisation de la création de valeur et de la génération de bénéfices. Amazon, par exemple, a déplacé de grandes parties du commerce du livre et a centralisé sa création de valeur autrefois locale. D’autres emplois ont été créés, mais la recherche constate ici une polarisation qualitative de la main-d’œuvre entre de nombreux emplois précaires d’une part et quelques professionnels spécialisés d’autre part (voir l’amazonisation du travail industriel de Butollo).

Toutefois, cette évolution n’est pas inéluctablement déterminée. L’État, en coalition avec des acteurs dont les objectifs se recoupent (réseau Fab City), peut fixer des conditions-cadres et intervenir de manière directrice pour que la création de valeur locale se poursuive et qu’il reste ainsi une base d’imposition et d’action pour l’État.

Les technologies open source jouent ici un rôle fondamental. Ils sont le véhicule de la création de valeur décentralisée et locale (filiale). Plus l’État investit dans l’ouverture à la source des technologies de base, plus la création de valeur devient décentralisée et locale, plus le marché local est « sain ».

Le concept de la Fab City implique une décentralisation des structures économiques dans la mesure où elle fait sens à partir d’une compréhension européenne des valeurs (État de droit, séparation des pouvoirs, dignité humaine, souveraineté des données, liberté et prospérité individuelles, etc.) Comme pour les révolutions technico-économiques précédentes, il faut veiller à ce que les nouvelles infrastructures – comme les canaux, les routes, les postes frontières et certaines institutions auparavant – ne servent pas exclusivement des intérêts individuels mais collectifs. En tant que tendance, ceux qui en sont affectés (ou qui en dépendent) devraient en avoir le contrôle.

En demandant au sénateur de l’économie Michael Westhagemann d’autoriser Hambourg à rejoindre le réseau des Fab Cities mondiales en juin 2019, la ville hanséatique a commencé à relever le défi décrit ci-dessus.

Au total, 34 villes et régions font actuellement partie du réseau mondial Fab City.

Depuis juillet 2019, plus de 30 acteurs de Hambourg* tels que des universités, des accélérateurs, des établissements d’enseignement et des ateliers ouverts se sont réunis pour élaborer le plan suivant.

Pour une compréhension plus approfondie de la dynamique de l’Internet des objets et de la transformation numérique, nous recommandons le travail de Benedikt Seidel, « The Theory of Harnessing the Digital Transformation through a Mission-Oriented Coalition » (2020).

De la transformation numérique à l’économie circulaire

La transformation numérique modifie les chances de réalisation d’une économie circulaire. Il faut faire la distinction entre le cycle des bits (informations numérisées) et celui des atomes (tels que les objets tangibles et les actions humaines). La reproduction (copie) globale de bits (informations) a des coûts marginaux faibles. La solution économique optimale est donc la plus grande liberté d’accès possible (open source). Un investissement dans les technologies open source peut donc avoir des effets multiplicateurs importants (voir l’utilisation de l’open source en Inde). Les atomes circulent donc au niveau local (économie circulaire) et les bits (informations telles que les plans de construction, les instructions de conception et de réparation) au niveau mondial.

La reproduction locale d’un certain arrangement d’atomes (par exemple, l’application d’un plan pour la fabrication numérique), en revanche, a des coûts marginaux plus élevés. D’un point de vue microéconomique, la technologie à code source ouvert peut donc créer de la valeur localement, ou réaliser des bénéfices, ce qui profite au secteur de l’artisanat, par exemple. Pour cela, l’État doit garantir la concurrence sur le marché et empêcher les monopoles et les oligopoles, ce qu’il peut faire au mieux s’il conserve une influence directe sur l’infrastructure et ne la cède pas à des méga-acteurs privés tels qu’Amazon ou Huawei. L’ouverture de la technologie à la source réduit les barrières à l’entrée du marché, ce qui profite aux PME. Cela crée la possibilité de créer de nombreux bons emplois à Hambourg.

Avec la technologie cryptographique, la création d’incitations (la technologie cryptographique est utile pour cela, voir Fab Chain) et pour des raisons de marketing (par exemple, Tesla utilise des normes open source et domine les technologies clés), les entreprises fournissent des modèles (bits). Les effets de réseau entraînent des avantages importants pour les premiers arrivants. L’exemple de Facebook: Le code de programmation de l’offre frontale est relativement simple. La valeur ajoutée pour les utilisateurs provient de la taille du réseau. L’investissement de la ville de Hambourg à ce stade précoce est donc relativement faible. Plus tard, lorsqu’il y aura un réseau établi plus important, Hambourg ne sera plus en mesure de faire face à cet investissement.

Fondements scientifiques

Les scientifiques suivants ont contribué de manière significative au concept de Fab City par leurs travaux de recherche:

Benkler, Y. (2006). The wealth of networks: How social production transforms markets and freedom. Yale University Press,

Ostrom, E. (1990). Governing the commons: The evolution of institutions for collective action. Cambridge University Press,

Perez, C. (2003). Technological revolutions and financial capital. Edward Elgar Publishing,
et

Redlich, T. (2011). Wertschöpfung in der Bottom-up-Ökonomie. Springer-Verlag.

Ce que cela signifie pour l’économie de Hambourg

La numérisation croissante de la création de valeur intensifie d’abord la concurrence mondiale. Les acteurs économiques sont de moins en moins séparés par des barrières géographiques ou autres. Tout le monde est en concurrence avec tout le monde en temps réel. Un marché mondial fonctionnant à ses conditions, qui, comme indiqué ci-dessus, possède l’infrastructure pour l’échange de bits. Sans cadre de politique économique, il existe une menace de centralisation sur ce marché des plateformes, c’est-à-dire un oligopole ou même un monopole. Deux questions se posent donc:

1. Comment les petits acteurs économiques peuvent-ils tenir leur rang?

Il est clair que les petits acteurs hambourgeois (comparés à Apple ou Huawei) auront du mal à s’imposer dans la concurrence mondiale basée sur les bits de l’économie du XXIe siècle. Les PME doivent donc avoir accès aux technologies de pointe (ouverture des sources et interopérabilité des technologies de base) afin de pouvoir se développer plus rapidement (leapfrogging) et de s’assurer des travailleurs qualifiés (éducation). Cela signifierait une réduction de l’intensité capitalistique de l’entrée sur le marché et placerait les PME de Hambourg dans une meilleure position au niveau mondial.

2. Qui contrôle l’infrastructure?

Hambourg peut encore devenir le havre de paix de l’économie mondiale basée sur les bits du XXIe siècle. Si la ville hanséatique n’agit pas maintenant, un autre acteur, probablement soutenu par le secteur privé (États-Unis) ou par l’État (Chine), deviendra si dominant (effets de réseau) qu’il dépassera les possibilités financières de Hambourg pour créer un concurrent. Il est difficile de réglementer ensuite. Cela ne signifie pas que l’État hambourgeois doive fournir lui-même l’infrastructure, mais il devrait soutenir les plateformes avec lesquelles il a des intérêts et des valeurs communs.

Gaia-X (projet d’infrastructure européenne de données du ministère fédéral de l’économie et de la technologie) pourrait être un candidat approprié ici, sur lequel une société semi-publique basée à Hambourg construit une plateforme pour échanger et générer des bits en coopération avec d’autres Fab Cities. Ce point est expliqué plus en détail dans la section « Infrastructure numérique – Hambourg, refuge de l’économie circulaire mondiale du XXIe siècle basée sur les bits ».

Si Hambourg investit dans les technologies clés de l’open source, l’économie hambourgeoise en bénéficiera à plusieurs niveaux. Par exemple, Hambourg se positionnerait comme un pionnier mondial, ce qui attirerait des travailleurs qualifiés et des entreprises.

Ce que cela signifie pour le développement écologiquement durable

Le concept présenté ici influence le processus d’innovation et donc la croissance économique dans une direction socio-écologiquement durable en ouvrant et en diffusant la capacité d’innover. De cette façon, le processus d’innovation est influencé par un plus large éventail d’intérêts et l’économie tend ainsi à devenir plus régénératrice. Concrètement, cela signifie moins d’émissions de CO2 et la fermeture des cycles de matériaux (économie circulaire).

Il est essentiel non seulement de penser à l’économie circulaire par la fin, mais aussi de commencer par le début, c’est-à-dire par la conception des produits, voire par le marketing (réglementation), la comptabilité des entreprises ou l’éducation. À l’avenir, le développement de produits devrait également avoir lieu sur des plates-formes de développement de produits distribuées et collaboratives à l’échelle mondiale, où les incitations sont définies de telle sorte que les produits conçus pour la durée de vie (cycle de vie éternel) puissent être fabriqués localement dans des laboratoires ouverts. Ce qu’il faut, c’est un mélange de Wikipedia pour le matériel et de GitHub/GitLab pour le matériel. Le laboratoire des technologies de fabrication (HSU) dispose du savoir-faire nécessaire à cet effet et entretient des échanges mondiaux avec ses partenaires afin d’éviter la création de « solutions » en silo.

Exemples pratiques

Open Lab

Machines à code source ouvert et gouvernance orientée vers le commun (cf. Ostrom 1990). Reproduction après par le biais d’ateliers de construction de matériel open source et d’un principe de formation des formateurs. Création de valeur locale par la mise en œuvre de circuits d’information mondiaux basés sur les bits.

Voici quelques dispositifs typiques du parc de machines open source dans un Open Lab:

3in1 Machine (fraisage, impression 3D, découpeur laser)
D3D-Universal Prototyp (Open Source Ecology)
Sheetpress (Precious Plastic)
Libre Solar Box (Libre Solar Technologies GmbH – Hamburg)

Nous participons au développement de l’ensemble de construction du village global d’Open Source Ecology:

https://www.opensourceecology.org/gvcs/gvcs-machine-index/

Champs d’action – Économie circulaire basée sur les bits

1. Ateliers ouverts avec fabrication numérique (Open Labs)

L’élément central d’une Fab City est une infrastructure de fabrication décentralisée composée d’ateliers ouverts avec fabrication numérique (OWDF), également appelés Fab Labs, Makerspaces ou Open Labs. Dans un OWDF, des machines telles que les imprimantes 3D et les machines à commande numérique peuvent être utilisées pour fabriquer presque n’importe quoi à un faible seuil. Le laboratoire de technologie de fabrication (LaFT) de l’université Helmut Schmidt (HSU) a acquis une grande compétence en matière de recherche et de pratique dans ce domaine et dans des domaines connexes au cours des dix dernières années. Ces compétences devraient être utilisées pour établir plusieurs OWDF à Hambourg. Des exemples sont donnés dans le document de financement.

2. Infrastructure numérique – Hambourg, havre de paix pour l’économie circulaire mondiale du XXIe siècle, fondée sur les bits

Hambourg pourrait jouer un rôle important dans le développement de l’infrastructure numérique de la fabrication numérique mondiale basée sur les bits en apportant des ressources à la mise en réseau et au développement des plateformes et des offres existantes. Plus les ressources seront importantes, plus Hambourg deviendra une plaque tournante de l’économie circulaire basée sur les bits et pourra contribuer à son développement. Cela garantirait le positionnement de Hambourg en tant que puissance innovante mondiale. En tant que pôle central de l’économie des bits, Hambourg pourrait également développer son image de port et de porte d’entrée sur le monde.

Concrètement, Hambourg devrait mettre en place une équipe capable d’apporter cette contribution. Le cas échéant, il serait judicieux de construire la contribution de Hambourg sur l’écosystème Gaia-X du ministère fédéral de l’économie et de la technologie en tant que composant technique du backend. Cela permettrait de garantir la souveraineté et la sécurité des données (valeurs européennes). La fiabilité est un élément essentiel pour attirer les différentes communautés d’utilisateurs, qui sont actuellement encore fragmentées en de nombreux silos.

3. Intensification durable de la production agricole et (re)génération du sol (rendre l’agriculture à nouveau attrayante)

Introduction au thème de la technologie open source et de l’agriculture, un exemple de l' »Open Source Story : Farming for the Future »:

Hambourg pourrait explorer les possibilités de la technologie à code source ouvert pour l’agriculture dans le cadre du parc d’innovation de Bergedorf.

4. Production d’énergie décentralisée

Pour une approche décentralisée cohérente, l’approvisionnement en énergie devrait également être décentralisé en plus de la production (fabrication dans les usines, les ateliers). Les pertes d’efficacité énergétique par rapport à la production de masse peuvent être compensées par des coûts marginaux faibles et des installations de production d’énergie reproductibles. La start-up de la Fab City de Hambourg, Libre Solar Technologies GmbH, ouvre la voie dans ce domaine.

Contrairement à de nombreux consommateurs dans les ménages, dont l’utilisation ne peut être bien décalée dans le temps, les processus industriels pourraient être adaptés aux énergies renouvelables disponibles à l’avenir.

Pour explorer cette possibilité, les OpenLabs seront mis en réseau avec la production locale d’énergie. Une approche cellulaire de la production d’énergie doit être poursuivie, dans laquelle des cellules énergétiques résilientes et décentralisées sont intégrées dans le réseau électrique existant. Chaque cellule énergétique se compose de dispositifs de stockage de l’énergie (par exemple, des batteries lithium-ion), de générateurs d’énergie (dans les régions urbaines, principalement des panneaux photovoltaïques) et de consommateurs intelligents. Normalement, chaque cellule interagit avec le réseau électrique, mais elle peut aussi fonctionner de manière autonome et répondre à la demande d’énergie de base indépendamment du réseau électrique.

Des approches pour de telles cellules énergétiques ont déjà été développées par Libre Solar Technologies GmbH dans le cadre de Fab City Hamburg. L’approche repose essentiellement sur des réseaux à courant continu (appelés nanoréseaux à courant continu). Étant donné que tous les composants électroniques sont développés en tant que technologie à code source ouvert, ils se prêtent à une fabrication décentralisée et à un développement ultérieur basé sur le principe de la communauté.

Il manque encore un onduleur bidirectionnel pour connecter le nanoréseau au réseau électrique. Cette composante doit être développée dans le cadre du projet Fab City Hamburg.

5. Éducation

Les enfants sont souvent encore ouverts d’esprit et intéressés par les sujets STEM (mathématiques, informatique, sciences naturelles, technologie). L’accès à ces sujets diminue avec l’âge, si bien qu’entre 10 et 16 ans, l’intérêt est généralement très faible. Dans le même temps, l’enseignement des STEM devient de plus en plus important pour les jeunes afin de leur permettre d’achever avec succès une formation professionnelle ou universitaire, même si le progrès technologique se poursuit, et donc de contrer à long terme une pénurie de travailleurs qualifiés dans ce domaine.

À cette fin, il convient de créer des concepts et des structures pour susciter à nouveau l’intérêt des jeunes pour les matières STIM et leur montrer les perspectives de carrière dans ce domaine. Cela est possible en montrant aux jeunes les technologies clés et en les formant à leur utilisation. Ces technologies comprennent la fabrication numérique, telle que la fabrication additive/impression 3D. C’est là qu’intervient le concept actuel. Les adolescents devraient acquérir, au-delà de la capacité à utiliser des appareils numériques, une compréhension globale, collaborative et critique des technologies de l’information et des implications de leur diffusion pour la démocratie. Le concept décrit ci-dessous crée une offre pour les jeunes, en particulier ceux âgés de 10 à 16 ans, qui leur permet d’acquérir ces connaissances à bas prix.

Ce concept prévoit de permettre aux jeunes de s’enthousiasmer pour les sujets STEM dans le cadre d’ateliers ouverts avec fabrication numérique (OWDF). À terme, un OWDF devrait être mis en place dans chaque quartier. Toutefois, il n’est pas nécessaire qu’elles soient aussi bien équipées que celles décrites dans le domaine stratégique « infrastructure de fabrication décentralisée ». Dans un premier temps, l’accent n’est pas mis sur la fabrication de produits de haute qualité, mais sur l’acquisition à bas seuil de compétences clés. Des machines plus simples et moins nombreuses par OWDF sont suffisantes pour cela.
Actuellement, il existe des initiatives isolées dans ce sens à Hambourg, mais une infrastructure systématique et complète n’existe encore nulle part. Ainsi, le cœur de ce concept est d’établir une procédure qui crée une telle offre à l’échelle de la région. Les OWDF nouvellement créés doivent être gérés par des communautés dynamiques dans lesquelles les étudiants sont intégrés. Le concept consiste à faire en sorte que les élèves, avec l’aide de leurs professeurs et d’instructeurs spécialement formés, construisent des machines élémentaires pour ces ateliers lors d’événements de lancement. L’expertise acquise pendant la construction doit être apportée aux OWDF existants ou en cours de création. La construction doit avoir lieu directement dans les locaux des ateliers ouverts. Afin de pouvoir réaliser ces événements de lancement, les multiplicateurs doivent être formés dans le cadre de cours spéciaux. Ces cours peuvent être organisés à l’HSU, où des cours similaires ont déjà eu lieu. En apportant une contribution aussi importante à un OWDF, on peut supposer que les élèves s’identifieront à l’OWDF au sens large et développeront un intérêt intrinsèque à se rendre régulièrement à l’OWDF de leur quartier.

Un partenaire essentiel à cet égard est l’autorité sociale de Hambourg, qui peut veiller à ce que des OWDF soient mis en place dans les établissements ouverts pour les enfants et les jeunes. En outre, l’autorité scolaire pour les établissements d’enseignement et les salles à livres ouverts, par exemple, sont des partenaires idéaux.

6. Re-génération de ressources, conception de produits à vie et soutien de plateformes libres et open source

La (re)génération de ressources signifie la fermeture des cycles matériels. À Hambourg, par exemple, il existe de petites initiatives telles que les repair cafés, mais aussi des organisations plus importantes qui se prêtent parfaitement à la mise en œuvre d’idées dans ce domaine.

La conception de produits pour la durée de vie fait référence à des produits construits de telle sorte qu’ils puissent toujours être réparés et adaptés aux nouvelles exigences d’utilisation. L’innovation ouverte est ici cruciale. Plus les utilisateurs des produits sont impliqués dans le processus d’innovation, plus leur intérêt pour les produits durables est pris en compte.

L’innovation ouverte est soutenue par l’utilisation de plateformes libres et ouvertes.